J’ai cette lassitude des gens très heureux
Qui n’ont plus pour langage que le rire des yeux,
Qui n’oublient pas le monde mais qui vivent sans lui,
Puisque le monde est lourd et enlaidi de cris.

J’ai cette fermeté que je n’ai jamais eue,
Que j’ai dû acquérir parce que tu l’as voulu,
J’ai tant et tant d’amour qui ne peut qu’être à toi
Que la vie éternelle n’y suffirait pas.

J’ai parfois une peur immense et insensée
Et d’autant plus pénible que je te l’ai cachée ;
Mais alors je t’appelle, je cours au creux de toi,
Je suis ta petite fille, et tu prends soin de moi.

1968

Catégories : Poésie

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